L’aikishintaiso est une discipline reposant sur les concepts traditionnels japonais d’harmonie (Ai), d'énergie (Ki), d'esprit (Shin) et de mouvement du corps (Taiso).

 

      « Taiso » est un terme japonais, qui signifie gymnastique. Chaque art martial traditionnel en possède une. L’aikishintaiso est celle propre à l’aikido, mais cette pratique ne s’adresse pas seulement aux aikidokas, mais bien à tous, car elle vise à une meilleure connaissance de soi et à une régénération par le geste. « Aikishintaiso » signifie littéralement : gymnastique (Taiso) pour l’harmonie (Ai) de l’énergie (Ki) du corps et de l’esprit (Shin). Il s’agit, en effet, par la tenue de postures, l’effectuation de marches ou de mouvements précis, l’usage de la méditation, de rendre le corps plus conscient de ses états et de ses potentialités. Art martial interne, l’aikishintaiso propose ainsi des techniques permettant gagner en équilibre, en sérénité, en détermination et de lutter contre nos chaînes intérieures souvent inconscientes : c’est donc une éducation du corps-esprit et une voie de libération. Cette aventure ne manque pas d’épreuves pour celui qui la tente…

"Notre objet est toujours de remplacer un équilibre par un équilibre meilleur, sans créer de crise. Les conflits se résolvent dans le minimum d’énergie et une bonne évolution est possible sans violence. Il faut pour cela saisir que le corps, même quand il y a de la souffrance physique ou morale, même quand il y a une pathologie, nous donne à voir le meilleur équilibre possible avec la conscience telle qu’elle est au moment où nous l’observons.
L’attitude de celui qui travaille sur soi doit être fondée sur l’attention, la bienveillance, la non-interprétation, le pragmatisme. Il faut écarter tout mysticisme, il faut se garder de vouloir passer en force, il faut se garder des idées de toute-puissance. Le corps est une conscience supérieure et subtile. Il ne peut être mis au pas par le mental. Il n’est pas à la solde de nos désirs d’être autrement. Une démarche sereine, respectueuse de l’équilibre existant est bien préférable à toute recherche effrénée d’une révélation ou d’un miracle.

On ne fait aucun miracle avec le travail corporel mais on peut avancer vers du bien-être, du plaisir d’être. Dès lors que l’on entreprend cette recherche, les deux processus de transformation de l’homme, le processus phylogénétique et le processus ontologique se relient au travers de la conscience de celui qui a décidé d’agir sur son évolution. En Asie, on appelle cela la Voie (Do) et elle se trace précisément sur la terre, à cette jonction entre l’être humain individuel et l’être universel." André Cognard

 

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